Destruction de patrimoine : quand l’Azerbaïdjan veut effacer l’Arménie

Front Populaire / OPINION. Après avoir remporté le conflit en Artsakh contre les autochtones arméniens en novembre 2020, l’Azerbaïdjan poursuit une véritable entreprise d’anéantissement de la culture arménienne afin de renforcer son récit national.

Par Tigrane Yégavian et Stéphane Der Agopian

L’Azerbaïdjan, après avoir mené une guerre d’anéantissement en Artsakh (Haut-Karabagh) fin 2020, dans l’indifférence générale et qui s’est soldée par une victoire inique, continue de « chasser les Arméniens comme des chiens » de leurs terres ancestrales. La dictature d’Aliyev efface chaque jour, dans la partie qu’elle occupe, toute trace historique, culturelle et religieuse de la présence arménienne bien que celle-ci soit avérée et reconnue internationalement depuis des millénaires.

Selon le rapport officiel du Défenseur des droits de l’homme en Arménie, Arman Tatoyan, près de 2 000 monuments arméniens sont passés sous contrôle azerbaïdjanais après le cessez-le-feu du 9 novembre 2020. Le rapport fait état de plus de 13 complexes monastiques, 122 églises et 591 khatchkars (des stèles en pierre représentant des croix)… Quel va être le sort des 127 bibliothèques scolaires, des trois bibliothèques régionales ? Près d’un million de livres sont ainsi menacés. Quel va être le sort des 10 musées d’État, des deux musées privés et des dizaines de milliers d’œuvres qu’elles hébergent et qui sont actuellement sous contrôle azerbaïdjanais ? Pour la ministre de l’Éducation de l’Artsakh, Lusiné Karakhanyan, l’Azerbaïdjan mène depuis le cessez-le-feu une véritable politique institutionnelle de destruction, de falsification et de substitution du patrimoine culturel arménien, qui va au-delà de la seule réappropriation des lieux de culte.

Face à l’inaction européenne en Arménie, reconstruisons notre politique de sécurité

Stepanakert sous les bombes

FIGAROVOX/TRIBUNE – Après la guerre ayant opposé l’Arménie et l’Azerbaïdjan, une délégation parlementaire française qui s’est rendue sur place alerte sur les nouvelles menaces qui pèsent sur l’Europe, et sur la nécessité de repenser les politiques de sécurité française et européenne en conséquence.

Une tribune collective, signée Guy Teissier, député, président du Cercle d’Amitié France-Artsakh, Valérie Boyer, sénatrice, membre du Cercle d’Amitié France-Artsakh, Marguerite Deprez-Audebert, députée, Xavier Breton, député, Jean-Pierre Cubertafon, député, membre du Cercle d’Amitié France-Artsakh et François Pupponi, député, Vice-Président du Cercle d’Amitié France-Artsakh

D’Arménie, nous revenons dévastés. Du 24 au 29 avril, notre délégation du Cercle d’Amitié France-Artsakh s’est rendue au pays du mont Ararat et dans la petite république voisine du Haut-Karabagh afin de témoigner de l’amitié de la France à une nation durement éprouvée par une guerre perdue ; perdue face à des forces incomparablement supérieures, des forces infiniment hostiles et sous l’œil impavide d’un Occident aussi diverti par le grand spectacle des élections américaines qu’il était claquemuré par les peurs archaïques que suscite l’épidémie de Covid-19.

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Guerre du Haut-Karabakh: «Face à la barbarie, les Arméniens incarnent des valeurs humaines»

jeunes filles à stepanakert

FIGAROVOX/TRIBUNE – À l’occasion du 106e anniversaire du génocide arménien, Hovhannès Guévorkian, le représentant de la République d’Artsakh en France rend hommage à ce peuple, une nouvelle fois victime de la guerre.

Hovhannès Guévorkian, Représentant de la République d’Artsakh en France

Hovhannès Guévorkian est le représentant de la République d’Artsakh en France.
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Chaque 24 avril, l’âme des Arméniens de nationalité, d’origine ou de cœur se fige pour commémorer le génocide dont leurs ancêtres furent victimes et dont la négation par la Turquie ravive sans cesse la douleur. Au-delà de l’hommage aux victimes, au-delà de l’espoir que soit un jour réparé ce crime qui inspira avec la Shoah la notion juridique de génocide, les Arméniens de nationalité, d’origine ou de cœur se souviennent aussi de la signification civilisationnelle de leur martyrologe, celle d’une agression contre les valeurs humaines.

Si, dès le 24 mai 1915, les gouvernements français, anglais et russes avaient fait « savoir publiquement à la Sublime Porte qu’ils tiendront personnellement responsables desdits crimes tous les membres du gouvernement ottoman ainsi que ceux de ses agents qui se trouveraient impliqués dans de pareils massacres », c’est bien qu’ils avaient déjà conscience qu’il était là « en présence de nouveaux crimes de la Turquie contre l’humanité et la civilisation ». Et il en est de même pour mon pays l’Artsakh. L’Artsakh, c’est cette terre que les Bolchéviques arrachèrent à l’Arménie pour l’offrir à la République Soviétique d’Azerbaïdjan, créée en 1920 pour des Tatares. L’Artsakh, c’est aussi cette terre de résistance qui recouvra son indépendance en 1991 en sortant du giron azéri quand celui-ci sortit du giron soviétique. L’Artsakh, c’est enfin cette République autodéterminée encore agressée et amputée de son territoire, il y a quelques mois à peine, par cet Azerbaïdjan dictatorial et une Turquie complice.

Arménie : trois raisons d’être dans l’actualité

Dans un article consacré à l’Arménie, Gérard Vespierre chercheur et conférencier en géopolitique revient longuement sur la question de l’Artsakh. Il écrit :

Ce territoire est donc actuellement toujours soutenu par Erevan et en conflit avec l’Azerbaïdjan. Les habitants ont fini par élaborer leur propre statut sous une forme républicaine, la République d’Artsakh, avec un Président, un parlement, et un gouvernement. Sa reconnaissance internationale reste à établir, mais sa volonté de faire partie un jour de l’Arménie est toujours aussi inébranlable.

La stratégie d’établissement des relations internationales revêt à ce jour deux formes : la mise en place de jumelage ou de charte d’amitié avec d’autres entités territoriales du monde entier (ville, département, région…) et l’organisation de conférences internationales. Plusieurs villes françaises, département ou région se sont déjà engagées dans cette première voie. Les conférences sont destinées à augmenter la visibilité de la situation de l’Artsakh, d’élargir les contacts internationaux à l’ensemble de la planète, et de les formaliser.

Une de ces conférences pour la justice et la paix vient de se tenir mi-octobre à Stepanakert… capitale de l’Artsakh, réunissant des participants de plusieurs dizaines de pays de l’Amérique du sud, du Moyen-Orient, et d’Europe. L’internationalisation est donc bien en marche.

En parallèle, des « démarches d’Etat » sont également entreprises. La plus récente est la venue aux Etats-Unis du ministre des Affaires étrangères artsakhiote, et sa visite au Congrès, qui lui a permis d’être présent au moment du vote de la reconnaissance du génocide arménien ! La prochaine sera la visite à Bruxelles du président de la République d’Artsakh, lui-même, les 8 et 9 novembre…..

Un article à découvrir sur le site de la Tribune

Le PCF appelle le Président Macron à reconnaître la République d’Artsakh

Protéger les populations du Haut-Karabagh pour bâtir la paix dans le Caucase du Sud

Depuis 2016, les accrochages et les violations du cessez-le-feu de la part de l’Azerbaïdjan se multiplient contre le Haut-Karabagh, territoire qu’il convoite depuis longtemps et dont la population est très majoritairement arménienne. A tout moment, un quart de siècle de négociations risque d’être réduit à néant par des combats de haute intensité pouvant déboucher sur un conflit majeur. Le président turc Recep Erdogan enchaîne les déplacements à Bakou, fait monter les tensions et a encore jeté de l’huile sur le feu en déclarant tout récemment qu’il «soutiendra l’Azerbaïdjan jusqu’au bout» contre l’Arménie.

    Compte-tenu de ses relations avec l’Azerbaïdjan et l’Arménie mais aussi en raison de son implication dans la coprésidence du groupe de Minsk, la France ne peut que s’inquiéter de ces évolutions périlleuses qui tournent le dos à une résolution pacifique du conflit.

Au terme d’un long processus qui a débuté avec le délitement de l’Union soviétique, et conformément au droit en vigueur à cette époque, l’Assemblée nationale de la République du Haut-Karabagh a proclamé son indépendance le 2 septembre 1991. Deux mois plus tard, un référendum libre et démocratique entérinait à une très large majorité cette décision.

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Laurent Wauquiez et Massis Mayilian signent une déclaration commune

Par une déclaration conjointe inédite, le Ministre des Affaires Etrangères de l’Artsakh et le Président de la région Auvergne-Rhône-Alpes s’engagent ensemble pour la réadmission de la République d’Artsakh à la table des négociation en vue d’une pays juste et définitive au Caucase du Sud.

Masis Mayilian et Laurent Wauquiez main dans la main pour signer une déclaration conjointe

Déclaration commune de Monsieur Masis MAYILYAN, Ministre des Affaires étrangères de la République d’Artsakh et de Monsieur Laurent WAUQUIEZ, Président du Conseil régional Auvergne-Rhône Alpes

le mercredi 23 octobre 2019, à Erevan

Les relations entre la République d’Arménie, la République d’Artsakh et les collectivités de la Région Auvergne-Rhône-Alpes sont historiquement riches et profondes. Notre histoire, notre culture, les relations entre nos élus et nos habitants nous rapprochent.

Nous réaffirmons notre attachement sans faille aux principes et idéaux de liberté, de démocratie et d’égalité inscrits au sein des textes fondateurs du droit international et relatifs aux droits de l’Homme. L’exclusion et l’isolement du peuple artsakhiote nuisent à l’exercice de ses droits fondamentaux et sont contraires à cet esprit de liberté, d’égalité et de coopération indispensables à l’établissement d’une paix stable dans la région.

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Affaire Mkhitaryan : « Pourquoi l’Azerbaïdjan n’est pas exclu des compétitions internationales de football ? »

Le joueur Henrikh Mkhitaryan ostracisé par le régime de Bakou en raison de ses origines arméniennes

Dans une tribune publiée par le journal le Monde ce vendredi 24 mai, François Pupponi, Vice-président du Cercle d’Amitié France-Artsakh est revenu avec force et conviction sur le scandale de l’éviction par l’Azerbaïdjan du joueur arménien Henrikh Mkhitaryan de la finale de la ligue Europa. Il milite pour un football inclusif à l’image de celui qui se pratiquera lors de la coupe d’Europe de la CONIFA, du 1er au 9 juin en Artsakh.

A l’instar de tous les phénomènes de masse, le football dépasse de loin le monde duquel il ressortit – en l’occurrence celui du sport – pour se révéler de conséquence sur les affaires financières et commerciales souvent ; et politique parfois. En la matière, le Caucase semble être une terre d’élection sur laquelle se produisent de bien curieuses coïncidences de calendrier.

Certains se rappellent peut-être la fameuse « diplomatie du football » qui avait un temps suscité des espoirs de rapprochement entre l’Arménie et la Turquie. En septembre 2008, Abdullah Gül alors le président de Turquie [de 2007 à 2014], avait fait le déplacement d’Erevan à l’invitation des autorités arméniennes pour assister à un match Arménie-Turquie – valant pour la qualification à la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud. L’évènement constitua en fait un espoir sans lendemain puisque dix ans après une tentative de normalisation avortée, Ankara maintient sa frontière fermée avec l’Arménie et n’a toujours pas reconnu le génocide des Arméniens désormais vieux de plus de cent ans.

Mais c’est aujourd’hui du côté de l’Azerbaïdjan que tous les regards se tournent et en direction duquel de nombreuses critiques fusent. Bakou accueillera en effet la finale de Ligue Europa qui mettra aux prises deux clubs anglais, Chelsea et Arsenal. Certaines de ces critiques sont peu justifiées comme celles relatives à l’éloignement de la capitale azerbaïdjanaise. Certes, l’Azerbaïdjan est bien plus en Asie centrale qu’en Europe mais comment ne pas admettre ce pays dans l’Union européenne de football (UEFA) dès lors qu’on y a admis la Russie s’étendant jusqu’à Vladivostok, ou Israël au Proche-Orient ?

Guy Teissier : « Nikol Pachinian met l’Azerbaïdjan et le groupe de Minsk au pied du mur »

Dans un article publié hier par L’incorrect, Guy Teissier, Député des Bouches-du-Rhône et Président du Groupe d’Amitié France-Artsakh revient sur les évolutions positives impulsées par le nouveau Premier ministre arménien à propos de l’Artsakh. Guy Teissier encourage la diplomatie française à ne pas se laisser marginalisée.

La suite sur L’incorrect
Guy Teissier salue Nikol Pachinian

Haut-Karabakh : « On ne construit pas la paix sur l’injustice institutionnalisée »

François Pupponi, député du Val d’Oise

Par une remarquable tribune parue dans Le Monde, ce 31 janvier, le député François Pupponi, vice-président du Cercle d’Amitié France-Artsakh met en parallèle l’attitude inamicale du Quai d’Orsay envers les chartes d’amitié signées des villes françaises et des villes artsakhiotes, et la complaisance alléguée par Bakou de notre diplomatie sur la question des ventes d’armes à l’Azerbaïdjan.


Haut-Karabakh : « On ne construit pas la paix sur l’injustice institutionnalisée »

Le député socialiste François Pupponi explique dans une tribune au « Monde » que la France, coprésidente du Groupe de Minsk (OSCE) chargé de la paix dans le conflit du Haut-Karabakh entre Arméniens et Azerbaïdjanais, ne doit pas céder aux intimidations du régime autoritaire de Bakou.

Tribune. Le 5 février, le président de la République Emmanuel Macron devrait rehausser de sa présence le dîner annuel donné par le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF, organisation nationale représentant les Français d’origine arménienne). Il perpétue ainsi une tradition initiée par ses deux prédécesseurs et honore en cela, comme il le fait pour d’autres groupements, une communauté souvent considérée comme un modèle d’intégration républicaine.

Ces relations institutionnalisées pourraient laisser croire que les attentes de cette partie de nos concitoyens sont prises attentivement en considération par le gouvernement. Or ce n’est que très partiellement le cas. On se souvient en effet que si les Français d’origine arménienne ont milité pendant des années pour la reconnaissance du génocide subi en 1915 par leurs grands-parents – reconnaissance finalement obtenue à l’arraché par une loi déclarative (2001) –, ils n’ont pu parvenir à ce que soit pénalisé le négationnisme spécifique que répandent impunément les négationnistes en Europe. Continuer la lecture de « Haut-Karabakh : « On ne construit pas la paix sur l’injustice institutionnalisée » »