Guerre du Haut-Karabakh: «Face à la barbarie, les Arméniens incarnent des valeurs humaines»

FIGAROVOX/TRIBUNE – À l’occasion du 106e anniversaire du génocide arménien, Hovhannès Guévorkian, le représentant de la République d’Artsakh en France rend hommage à ce peuple, une nouvelle fois victime de la guerre.

Hovhannès Guévorkian, Représentant de la République d’Artsakh en France

Hovhannès Guévorkian est le représentant de la République d’Artsakh en France.
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Chaque 24 avril, l’âme des Arméniens de nationalité, d’origine ou de cœur se fige pour commémorer le génocide dont leurs ancêtres furent victimes et dont la négation par la Turquie ravive sans cesse la douleur. Au-delà de l’hommage aux victimes, au-delà de l’espoir que soit un jour réparé ce crime qui inspira avec la Shoah la notion juridique de génocide, les Arméniens de nationalité, d’origine ou de cœur se souviennent aussi de la signification civilisationnelle de leur martyrologe, celle d’une agression contre les valeurs humaines.

Si, dès le 24 mai 1915, les gouvernements français, anglais et russes avaient fait « savoir publiquement à la Sublime Porte qu’ils tiendront personnellement responsables desdits crimes tous les membres du gouvernement ottoman ainsi que ceux de ses agents qui se trouveraient impliqués dans de pareils massacres », c’est bien qu’ils avaient déjà conscience qu’il était là « en présence de nouveaux crimes de la Turquie contre l’humanité et la civilisation ». Et il en est de même pour mon pays l’Artsakh. L’Artsakh, c’est cette terre que les Bolchéviques arrachèrent à l’Arménie pour l’offrir à la République Soviétique d’Azerbaïdjan, créée en 1920 pour des Tatares. L’Artsakh, c’est aussi cette terre de résistance qui recouvra son indépendance en 1991 en sortant du giron azéri quand celui-ci sortit du giron soviétique. L’Artsakh, c’est enfin cette République autodéterminée encore agressée et amputée de son territoire, il y a quelques mois à peine, par cet Azerbaïdjan dictatorial et une Turquie complice.